Lynfo-98 « IL NE FAUT PAS …

98-OVNI« … PRENDRE DES VESSIES POUR DES … ! »

Avant le Moyen Âge, on utilisait la vessie de porc comme outre pour ses qualités d’étanchéité et de transparence. La lanterne était alors considérée comme une enveloppe de très peu de valeur, une absurdité, une baliverne, une histoire inventée, creuse comme la vessie. La juxtaposition de ces deux mots donne cette expression très ancienne encore utilisée aujourd’hui : « Il ne faut pas prendre des vessie pour des lanternes ! »

Toute cette introduction pour présenter une vidéo sur un sujet délicat que j’ai abordé dernièrement et qui m’a permis d’approfondir mes connaissances (CLIC sur> CANCER DE LA VESSIE. Un sujet qui touche 10.000 Français chaque année, causant 3.000 décès et en 6ème position des cancers les plus fréquents surtout chez les hommes après 50 ans.

On sait maintenant que les fumeurs s’exposent à un risque deux fois plus élevé de cancer de la vessie comparativement aux non-fumeurs. Si notre baudruche peut s’adapter en permanence au volume d’urines qu’elle contient, elle peut également s’infecter (cystite) mais contenir aussi des calculs ou plus grave encore une tumeur (polype ou/et cancer) !

Mais une bonne nouvelle : quand il est dépisté tôt, le cancer de la vessie se soigne bien et a même permis à certains d’arrêter illico de fumer et à d’autres, les plus accrocs, à se tourner vers la cigarette électronique, moyen de substitution tout aussi explosif et pernicieux si l’on en juge les explosions de   cigarettes électronique et de ses trois substances cancérogènes : la formaldéhyde, l’acroléine et l’acétaldéhyde inhalée quotidiennement !

Toute une classification dite « TNM« [1] affectée d’un coefficient permet de déterminer le STADE de la lésion, le traitement et le pronostic. Les « polypes » désigne les tumeurs les plus bénignes dites « superficielles«  qui sont du côté blanc ou de cancer invasif pour celles du côté noir. Le GRADE dépend de l’importance des anomalies des cellules présentes dans la tumeur. Plus les cellules de la tumeur sont anormales, plus le grade est élevé d’ou l’expression « on en prend pour son grade ».

De multiples moyens de détection sont mis en œuvre : analyse pour rechercher une présence de sang dans les urines (hématurie), ces dernières virent du rouge vif en cas de saignement abondant et récent, à la couleur lie-de-vin quand la coupe est pleine ! L’importance ou la durée du saignement ne préjugent pas de la cause de celui-ci, et des lésions tout à fait bénignes peuvent entraîner des saignements importants tandis que des tumeurs infiltrantes peuvent ne pas saigner. Les polypes peuvent souvent entraîner des envies d’uriner fréquentes de jour comme de nuit, des envies pressantes d’uriner, une infection urinaire récidivante (liée à la présence du polype).

MISE en EXAMENS en cas de suspicion : l’ECBU[2] des urines, la cystoscopie[3], la cytologie[4], l’UIV[5], l’échographie[6] … C’est souvent par hasard qu’une échographie faite pour une autre raison permet de découvrir un polype, et le Scanner des voies urinaires permet d’évaluer l’extension des tumeurs de la vessie.

Résultats des courses après TRAITEMENTS : Le taux de survie à 5 ans est de 96% lorsque les tumeurs infiltrent le muscle uniquement, de 70% lorsqu’il s’étend et seulement de 5% lorsque les métastases se diffusent dans le corps. 98-BCGLa pénurie de vaccin BCG contre le cancer de la vessie (pas le même celui que celui pour se protéger contre la tuberculose) remonte à mai 2012, suite à des problèmes de Sanofi-Pasteur pour remettre aux normes son usine de Toronto (Canada). En attendant, les patients devront bénéficier d’une surveillance plus étroite pour prévenir une éventuelle récidive.

98-Arandon2015JE T’INVITE, patient ou proche indissociable devant la maladie, tout au long de la BALADE du 20 SEPTEMBRE aux étangs d’Arandon (38510), poser des questions dans tout ce qui touche le parcours lié au cancer, mais aussi dans tout ce qui fait la vie, même si elle n’est pas tout à fait ordinaire ! Attention : inscription gratuite obligatoire auprès de Gégé.

[1] Les lettres TNM symbolisent la propagation de la maladie cancéreuse initiale : T0 quand elle n’est pas localisée à T4 selon son volume ou diamètre et de sa fixation aux organes voisins (peau, vaisseaux, nerfs, os, etc.) ; N0 à N2, (N comme nœud ou node en anglais) plus ou moins proche de la tumeur, des dimensions des adénopathies, de leur nombre et de leur éventuelle fixation aux tissus voisins ; M0 en l’absence de métastases connues ou M1 en leur présence. Il existe d’autres systèmes de classifications.

[2] ECBU (cyto-bactériologique) pour confirmer la présence de sang dans les urines.

[3] Cystoscopie : avec un système optique et anesthésie de l’urètre au gel anesthésiant.

[4] Cytologie des cellules éliminées dans l’urine permettant de détecter des anomalies.

[5] UIV : radiographie peu fiable pour diagnostiquer une tumeur mais permet de vérifier l’absence de tumeurs associées dans les reins et uretères.

[6] Echographie par ultrasons mettant en évidence une tumeur papillaire, sa grosseur …

 

Une réflexion sur “Lynfo-98 « IL NE FAUT PAS …

  1. Il y a les ruptures de stock passagères et il y a des pénuries chroniques qui amènent les autorités politiques et médicales à adapter les traitements à la pénurie pendant plusieurs années. C’est le cas par exemple du BCG intravésical, médicament de référence pour traiter les tumeurs de la vessie non infiltrant le muscle (80% des cas) qui est produit en quantité insuffisante depuis la fermeture en 2012 de l’usine de Sanofi-Pasteur à Toronto. Le ministère de la santé, l’agence nationale de sécurité du médicament et l’association française des urologues ont restreint l’emploi du BCG à certaines tumeurs, ont limité le nombre d’instillations et supprimé le traitement d’entretien pourtant recommandé. Cela n’est plus de la médecine mais de la gestion de la pénurie. Depuis 2012, Sanofi annonce la reprise de de l’activité de son usine de Toronto, la ministre se fait l’écho de ces annonces trompeuses, mais rien ne vient. On peut se demander si l‘espoir de commercialiser, dans un an ou deux, de nouvelles molécules, n’incite pas les laboratoires à traîner les pieds. Un collectif cancer vessie s’est créé (cancer.vessie@orange.fr) pour demander que soit rétabli l’approvisionnement régulier du BCG intravésical.

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